À la fin du XIXe siècle, la lutte à mort est engagée dans certains quartiers de Paris entre le petit commerce traditionnel et les grands magasins style Bon Marché, dont la puissance s'affirme de jour en jour.
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Parmi ces bazars précurseurs de nos hypermarchés, le Bonheur des Dames, maison de "nouveautés" où tout est mis en oeuvre pour que la cliente succombe à la tentation de l'achat.
Selon le mot du baron Hartmann, le financier de l'histoire, à l'une de ces dames :
" Prenez garde, ma chère, il vous mangera toutes. "
Il en est une, cependant, qui ne se laisse pas manger : Denise ; une nature d'acier sous ses airs timides.
Elle n'appartient pas à la classe privilégiée des riches bourgeoises pleines de mépris qui viennent se ruiner au rayon du "blanc", mais à l'humble peuple des vendeuses de l'établissement, à qui l'on ne demande que de subir et de travailler dix heures par jour avant de regagner, la nuit, leurs cellules dans les combles.
A la moindre incartade, ou mouvement d'humeur, le couperet tombe : "Mademoiselle, passez à la caisse !"
Ni préavis ni indemnités de renvoi. Les conquêtes sociales seront encore longues à venir.
Mais Denise la "mal peignée" souffre-douleur des autres employés, tient bon et, dans ce Bonheur des Dames qui n'avait rien pour faire le sien, effectue une irrésistible ascension, prouvant qu'il est d'autres empires que celui du profit et qu'on les fonde parfois sur un refus.
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